En réalité...
J'ai remarqué que j'utilisais beaucoup cette expression, ce qui pourrait entrainer à croire qu'habituellement je ne dis pas la vérité ou pas toute. Et d'ailleurs est ce que je la détiens seulement. Je dis "En réalité" pour souligner quelque chose qui me devient soudainement flagrant à moi-même sur des choses qui me semblaient peut être obcures ou qui m'échappaient totalement.
Ma mère se sentait seule, elle voulait de la compagnie, et qui ne se sentirait pas seule quand l'homme de votre vie - ou à qui vous donnez votre vie - préfère aller faire du camping et boire des bières avec vos copains alors que vous venez de vous avalez une boîte de prozac et avez mit la tête dans le four en espérant que tout exploserait. Et peut etre lui aussi comprit dans le lot.
Je reste assise près d'elle ne sachant vraiment bien quoi lui dire tellement nos relations ont été si souvent meurtrières. Je parle de tout et n'importe quoi et je sens qu'elle regrette déjà cet appel au secours, elle rage intérieurement d'avoir à m'appeler moi parce que depuis le début elle n'a jamais voulu de moi et maintenant je suis tout ce qui lui reste.
Alors je me sens mal de nouveau d'être là sur terre et devoir lui infligé ma présence bien qu'elle l'ait demandé. J'ai dépassé certains stades, je n'ai plus d'espérance pour certaines choses ou j'ai simplement admis que je n'aurais pas une relation intime avec aucun de mes parents, et que je suis un poid pour elle tout comme j'étais une ennemie pour mon père. Oui je le vis très bien de loin mais face à face c'est bien autre chose.
Je devrais pourtant me préoccuper d'elle et peu importe mes états d'âmes, et j'essaye depuis un bon moment mais ce petit rat qu'est mon coté sombre commence à grignoté mes pensées. Et je sais, je sais que je vais bientôt plongé dans un isolement et un mutisme total s'il ne se passe pas quelque chose, si je ne suis pas retenue ou que je n'arrive pas à réagir.
Je ne sais pas consolé ses larmes de la même manière qu'elle provoque souvent les miennes, et je ne suis jamais arrivé à stopper ce mécanisme quand je suis près d'elle, il faudrait que le la force mais elle ne se laisse pas forcé par moi. Et je me rend compte que c'est non mon père mais bien elle qui m'a apprit à me cacher autant des autres.
Les conversations finissent toujours par aboutir à l'argent, avant elle me rapetissait et puis avant de partir elle me donnait des sous comme si ca pouvait tout effacer. Elle me disait que c'était sa manière de faire quelque chose pour moi au début et puis après pour ne pas se sentir coupable. Après très longtemps j'ai refusé l'argent et jai coupé les ponts. Mais je sais que je ne supporterais de la perdre et que nous fussions faché alors je suis revenue et depuis un an j'essaye, oui j'essaye vraiment.
Elle aussi mais ses limites sont mon beau père, c'est que tout ce qu'elle tente vers moi elle retire au moindre mot qu'il puisse dire. Je me ne suis qu'un chien dans un jeu de quille au fond. Je n'ai ma place nul part...
Les gens vivront sans moi, ils s'amuseront, ils riront et qui serais-je pour les en empêcher, je voudrais parfois avoir l'impression de leur manquer un peu et non provoquer leur mauvaise humeur, leur rejet, leur colère.....

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